Pages

mardi 18 septembre 2012

Journée des Dys à Strasbourg, 6ème édition

Le 6 octobre 2012, aura lieu à Strasbourg la 6ème édition de la journée des dys.

Thématique de cette année : la prévention des troubles Dys.

 Au programme, conférences, ateliers, rencontres, échanges entre professionnels et avec les professionnels.

Si le problème des dys vous concerne, c'est la journée à ne pas manquer : j'y tiendrai un stand sur la dysgraphie et la rééducation de l'écriture cursive, et serai à votre disposition.

 Les conférences sont déjà complètes, mais il sera peut être possible d'avoir des places au dernier moment en cas de désistements.



Le site web officiel de la manifestation : http://jdd2012.free.fr/accueil/index.html

Au plaisir de vous rencontrer le 06 octobre

jeudi 13 septembre 2012

Lignages d'écriture agrandis

Lorsque l'on apprend à écrire, il est particulièrement important d'avoir de bons outils, crayon, feuilles blanches ou lignées.

En France, pour l'écriture cursive, nous utilisons un modèle de ligne appelé réglure Seyès, que nous sommes les seuls à utiliser.

lignage seyes écriture cursive
Lignage Seyès à la française
Ce lignage peut sembler difficile, surtout dans sa taille classique trop petite pour les petits. De plus, la multiplication des lignes rend ce lignage compliqué pour beaucoup d'enfants.

Aujourd'hui, ce lignage est pourtant la règle en France pour l'apprentissage de l'écriture cursive au primaire, et présente un avantage essentiel :
Notre culture de l'écriture cursive fait que nous exigeons que l'écriture des lettres t et d soit plus petite que l'écriture des lettres h,k,l,f. Le lignage Seyès est parfaitement adapté à cette habitude. Sachez toutefois que tous les pays, même francophones, n'ont pas cette habitude. Voir à ce sujet les modèles d'écriture cursive canadiens. (En fait, pour l'écriture cursive, tant que le t et le d ne sont pas plus grands que les lettres, h, k l et f, tout va bien).

J'attire votre attention sur le fait que tous les cahiers d'écriture utilisant la réglure Seyès ne se valent pas. Comparez l'exemple ci-dessous. On y voit en haut un cahier d'écriture avec des lignes sans aucune nuance de couleur, difficiles à percevoir et différencier. Où est la ligne de base sur laquelle il faut écrire? en dessous, à l'inverse, on observe un lignage beaucoup plus contrasté, avec une ligne de base bien marquée.
lignage seyes pour écriture cursive
Pour bien écrire, rien de tel que l'aide d'un bon cahier!


En rééducation, j'utilise parfois des lignes d'écriture basées sur du Seyès, mais modifiées afin d'aider les enfants en difficulté. La ligne de base est nettement différenciée. La zone médiane (dans laquelle s'écrivent les lettres a,c,e,i,m,n,o,r,s,u,v, et w) est en couleur foncée, les zones haute et basse en couleur plus claire.
Les lignes de base sont également plus écartées que dans les cahiers classiques, afin que les lettres basses (comme le f) ne chevauchent pas les lettres hautes (comme le l) écrites à la ligne du dessous.
A gauche, se trouve une marge notée par un trait rouge. A droite, une seconde marge pointillée, pour aider les enfants à aller à la ligne au bon moment.
Enfin, ce lignage existe en 3mm 4mm 5mm 6mm et 10mm.
Si le lignage habituel est trop petit pour des élèves de maternelle ou début CP, les lignages les plus grands ne sont pas forcément les plus adaptés pour les enfants, qui ont de petites mains et dont les doigts auront parfois du mal à faire de grandes lettres. Je teste toujours, pour chaque enfant, l'espacement des lignes d'écriture qui convient le mieux.
lignage seyes une petite feuille
Exemple de lignage Seyès coloré

Vous trouverez ci-dessous les différents lignages que j'utilise au cabinet, en rééducation de l'écriture. N'hésitez pas à les télécharger. J'espère qu'ils vous seront utiles!


vendredi 31 août 2012

Plaidoyer pour un dysgraphique à l'école

Plaidoyer pour les dysgraphiques à l'école


1-Lutter contre les idées reçues

élève écriture cursive fatigue
J'entends souvent dire : " oh, oui, c'est vrai qu'il a un problème avec l'écriture cursive, mais en fait il est surtout fainéant!"

Et pourtant, je ne connais aucun enfant "dysgraphique par fainéantise", je vous assure, et je pense que ça n'existe tout simplement pas. Par définition, le fainéant en fait le moins possible. Croyez vous que le dysgraphique dont on exige de refaire le devoir, à qui on arrache la feuille jugée trop sale ou indigne d'un travail scolaire, qui passe ses récréations et ses soirées à finir ce que les autres ont fait en cinq minutes ait le moindre intérêt à ce que cette situation perdure?

Bien évidemment non. Si en plus on sait que l'écriture cursive leur est coûteuse ( en énergie, en concentration, et même en douleur physique ) vous conviendrez avec moi que ces enfants ont du mérite. Ils ont beau faire des efforts et progresser ce n'est jamais assez. Ils progressent, bien sur, mais pour leur malheur les autres élèves aussi, de même que les exigences des enseignants.
Comment réagiriez-vous si on vous demandait de faire tous les jours, et tous les soirs à la maison un travail que vous n'êtes pas capable de faire correctement, quelle qu'en soit la raison? Vous jetteriez sans nul doute l'éponge. Mais nos enfants n'ont pas cette possibilité, alors chacun choisit sa méthode : faire le clown, pleurer, faire semblant de s'en moquer éperdument, serrer les dents. Ce qui malheureusement ne résout pas le problème.

Gardons donc les points suivants à l'esprit :

  • Non, il ne fait pas exprès d'écrire lentement.
  • Non, il ne fait pas exprès d'écrire salement.
  • Il n'en peut plus de cette écriture qui lui gâche ses journées d'école et qui le stresse, même s'il fait le fanfaron en classe et ne le montre surtout pas.
  • Il se sent nul, incapable, débile (ce sont les mots même des enfants que je reçois en consultation )

2-Valoriser l'enfant

Une fois que l'on a compris cela, on est en devoir de valoriser l'enfant et de l'aider à progresser.
La méthode est simple : ne demander à l'enfant que ce qu'il est capable de faire.
Il n'écrit qu'une ligne alors que les autres en écrivent cinq? Ne le faites écrire que le strict minimum ( la date en toutes lettres est elle indispensable? Et la recopie de l'énoncé de l'exercice en entier ? ). Et petit à petit, vous augmentez la dose, très progressivement. Il sera enfin fier d'avoir réussi à atteindre les objectifs que vous lui aviez donnés, ce qui l'encouragera à progresser et à se surpasser.
Il écrit salement? Demandez lui d'écrire moins, mais mieux. Là encore, il sera enfin fier de son travail.
Et de votre côté, vous valorisez ses efforts, et les résultats s'il y en a. Il est important de dire, " tu n'as pas réussi à tout écrire, mais j'ai vu que tu as fait des efforts " de même que, " la dernière fois, tu n'avais écrit que 4 lignes, cette fois-ci tu en as écrit 6 " L'enfant se sent enfin reconnu. Il n'est plus le fainéant de service, mais un gamin qui bosse. Quel changement!


3-éviter la double peine

Les problèmes de dysgraphie entraînent bien trop fréquemment ceux qui en souffrent dans la spirale de l'échec scolaire. C'est la double peine.

J'écris salement, donc je n'aime pas relire mes cahiers ni les montrer, donc j'apprends moins bien mes cours.
J'écris salement, on ne peut pas me relire, je perds des points dans mes devoirs
J'écris lentement, je ne note que la moitié du cours, je ne peux donc pas l'apprendre correctement.
J'écris lentement, les autres écoutent le cours, moi, j'écris encore et suis concentré sur mon stylo. Je ne peux pas écouter le cours, donc je ne peux l'apprendre.
J'écris lentement, je ne finis pas mes devoirs, j'ai donc de mauvaises notes.

Une méthode simple pour que chaque élève ait des cours digne de ce nom : le binôme. On crée un binôme élève dysgraphique - élève bon scripteur, et on donne à l'élève dysgraphique une carte de photocopie. Ainsi, s'il n'a pas eu le temps de tout copier, ou s'il n'arrive pas à se relire, il a une solution simple et il est de sa responsabilité de la mettre en œuvre. Il n'y a plus d'excuse possible, prise de conscience du problème et responsabilisation.


4-des progrès? ou pas...

Si l'enfant est motivé, encouragé dans ses efforts, il va nécessairement progresser.
Comme nous l'avons vu, les autres élèves aussi, ce qui fait que ce ne sera pas forcément suffisant.
Si le problème d'écriture cursive est plutôt léger, il se peut que tout rentre dans l'ordre, c'est naturellement ce que nous souhaitons. Malheureusement, le nombre de cas d'enfants ou adolescents ayant des soucis avec l'écriture et réglant le problème seuls est plutôt rare.
En général, les problèmes ont plutôt tendance à s'accentuer avec le temps. Si l'on sent que le problème perdure, il sera alors temps d'entreprendre une vraie rééducation.

écriture cursive

jeudi 30 août 2012

Chouette entraînement écriture, une méthode passée à la loupe

La méthode chouette entraînement écriture CP passée à la loupe.



Parmi les méthodes pour entraîner son enfant à l'écriture cursive à la maison, on trouve en bonne place sur les rayonnages la méthode "chouette entraînement : écriture, 6-7 ans"
Je ne connaissais pas l'ouvrage, et ai décidé d'y jeter un œil.




Le début du cahier d'écriture : des incohérences
L'ouvrage commence, en toute première page, par une petite explication sur comment tenir le crayon. " trois doigts tiennent le crayon" disent-ils.
C'est extrêmement insuffisant. On ne tient pas son crayon avec n'importe quels doigts, et ceux-ci ont un rôle bien précis. Ce cahier d'écriture cursive étant destiné à être utilisé à la maison avec l'aide d'un parent, il serait vivement souhaitable que la tenue de crayon et la position soient clairement expliqués pour que l'adulte puisse aider efficacement l'enfant.
La page suivante est une présentation. Elle est rédigée à la deuxième personne, alors qu'à cet âge peu d'enfants sont capables de la lire. Croyez-vous vraiment que ça intéresse l'enfant en CP de savoir " ...tu découvriras les lettres selon une progression qui tient compte des différents gestes nécessaires à leur tracé... "? J'en doute.
Par contre, En dessous, il y a 3 zones qui donnent de très bons conseils sur la position, la préparation à l'écriture, et quels crayons utiliser.
Mais pourquoi ont-ils été écrire cela dans une police de caractère de taille inférieure au reste du texte? C'est le plus important de la page, et c'est écrit trop petit pour un jeune lecteur, élève de primaire. Dommage.

Le sommaire
L' ordre dans lequel l'écriture des lettres est abordée me laisse perplexe : i, u, t sont bien des lettres construites sur un geste commun. Mais pourquoi enseignent-ils ensuite le n et le m qui nécessitent des gestes différents, et qui plus est difficiles? L'enseignement du e, dont le geste est à la base de toute notre écriture cursive, n'apparaît qu'en septième position, après le p. Ce choix de l'enseignement de l'ordre des lettres est de mon point de vue peu cohérent.

Double page suivante, on commence les choses sérieuses. Page de gauche, j'apprends, page de droite, je m'entraîne. Le cahier est clair, les tons sont agréables, la progression est bien annoncée par des exercices ordonnés de 1 à 10.

Lettres i et u
En haut à gauche se trouve un encadré jaune avec toutes les explications pour apprendre à tracer les lettres. Malheureusement, ces explications sont inadaptées à la production d'une écriture cursive fluide.
On commence par : "les lettres i et u se tracent en deux fois"
En fait, pour un geste d'écriture cursive optimal, les lettres i et u se tracent en un seul geste.

Posez vous la question : faites vous "une attache droite haute" pour commencer votre i, avant de faire " un trait vertical terminé par un arrondi " ? Quand on dessine, peut être, mais quand on écrit, certainement pas. Quand on écrit, ces lettres sont tracées en un seul geste, continu. Ce sont justement les arrêts du mouvement et les levées du stylo qui génèrent des problèmes d'écriture.

"deux traits verticaux arrondis, c'est la lettre u" Je ne suis toujours pas d'accord. Le u se fait en seul geste. Or, ils apprennent aux enfants à arrêter leur geste systématiquement, qui plus est au milieu des deux lignes, dans l'exercice 4.


Les enfants apprennent ici à dessiner des lettres, mais selon moi pas a écrire des lettres. Il leur faudra tout seul comprendre qu'on n'arrête pas son crayon systématiquement " au milieu des deux lignes d'écriture " Pourquoi ne pas leur apprendre directement le bon geste de l'écriture cursive dès le début?


la lettre t

Page suivante, l'écriture de la lettre t.
Là, on induit réellement un geste inadapté à l'écriture cursive : l'attache droite haute qui commence selon eux le t doit commencer là ou finit l'arrondi final du t, lignes pointillées à l'appui. C'est tout simplement ridicule! On ne peut pas imposer à l'enfant de suivre 6 lignes différentes qui n'existent pas toutes dans le lignage classique (Il y a 6 niveaux différents prescrit dans le dessin de cette lettre t.
Le comble étant, que ligne suivante (exercice 4), on demande à l'enfant d'observer... qu'il faut finir le t sur la ligne du haut! Avouez qu'il y a de quoi y perdre son latin.

En fait, le problème vient du fait que tous ces modèles d'écriture de lettres sont tirés d'une police de caractère informatique qui imite l'écriture cursive, mais a pour contrainte que les lettres doivent toutes commencer et finir à une hauteur permettant de les relier en toute circonstances.

Je ne vais pas m'attarder sur les autres lettres, mais malheureusement aucune n'est expliquée de façon satisfaisante.

En résumé, en tant que rééducatrice, je déconseille fortement ce cahier d'écriture.

Les enfants qui apprennent à écrire à partir de cet outil ont beaucoup de mérite s'ils arrivent ensuite à écrire vite en bien. On y enseigne selon moi le dessin de lettres, mais pas l'écriture des lettres. Les enfants appliqués pourront avoir une jolie petite écriture, mais ils auront des difficultés à écrire vite du fait des nombreux arrêts inutiles qui leur auront été inculqués. Il est également probable qu'ils aient du mal à se débarrasser de l'habitude de penser "je descend le dos bien droit et je tourne en arrivant sur la ligne" qui est nuisible à la bonne conceptualisation du mot dans sa globalité.


jeudi 9 août 2012

Comparatif de guide-doigts

Les guides doigts peuvent ils améliorer  l'écriture cursive ?

Je n'insisterai jamais assez sur l'importance d'une bonne tenue de crayon pour avoir une écriture cursive fluide et sans douleur. Lorsqu'un élève tient mal son crayon et que, malgré la meilleure volonté du monde on n'arrive pas à changer sa mauvaise préhension, on est parfois tenté d'utiliser un accessoire : le guide doigts (ou grip doigts).

Disons le tout net : si vous espérez que votre élève va se mettre à écrire de façon lisible grâce à un simple grip doigt, je crains que vous n'alliez vers une grave déconvenue. De même, quand un enfant tient désespérément mal son crayon, un stylo ergonomique risque de ne pas changer grand chose à sa dysgraphie, sans l'accompagnement d'un apprentissage de l'écriture adapté.
Qui plus est, avoir une bonne tenue de crayon ne se fait pas sous la contrainte. Lorsque je dis qu'il y a une façon de tenir son crayon qui est meilleure que les autres, je le dis parce qu'il s'avère que cette méthode donne la plus grande précision aux doigts, tout en étant efficace et peu fatigante. Une fois que l'enfant n'a plus mal quand il écrit, et qu'il se rend compte que c'est plus facile quand il tient son crayon de la bonne façon, il ne revient jamais en arrière, sans jamais avoir à le contraindre.

Pour autant, même s'il existe une "bonne position" celle-ci est sujette à d'infinies variations, légères mais personnelles. Pour mémoire, le crayon se tient entre le pouce et le majeur, l'index étant posé souplement sur le crayon pour le guider. Mais l'index doit il être au même niveau que le pouce et le majeur? En avant? En arrière? La réponse pour moi est "peu importe, c'est personnel". C'est pour
cela que certains grip doigts ou stylos ergonomiques me paraissent inconfortables au possible, alors que d'autre me sont agréables. Mais ce qui m'est confortable ne le sera pas forcément pour quelqu'un d'autre. De plus, il faut garder à l'esprit qu'un guide doigt est nécessairement gênant au début, puisqu'il impose de changer une habitude. C'est là toute la difficulté de l'usage des guide-doigts dans la rééducation de l'écriture.


 Si l'on pense avoir véritablement besoin d'un guide doigts pour aider l'enfant dysgraphique, il faut qu'il puisse essayer pour choisir ce qui lui est le plus agréable, ou le moins désagréable. Ainsi, vous aurez une petite chance que votre guide doigt ne disparaisse pas subrepticement dès les premiers jours.

Pour être honnête, je n'utilise pas aujourd'hui de grip-doigt au cabinet en rééducation en écriture. Jusqu'à ce jour, tous les enfants (,ados et adultes) que j'ai eu en rééducation se sont passés de cet artifice. Pourtant, je suis intimement convaincue que dans certains cas de dysgraphie,  utiliser un grip doigt ( j'insiste, toujours de façon transitoire sauf handicap moteur grave) peut être bénéfique. Pour les gauchers (qui poussent le crayon lorsqu'ils écrivent) un grip peut aussi empêcher les doigts de glisser vers la pointe et permettre que le crayon soit mieux tenu sans crispation.

Un essai comparatif des guides doigts


Je me suis procuré 12 modèles de grip doigts les plus courants que l'on peut trouver dans les magasins spécialisés et sur internet. Voici mes impressions.

guide doigts écriture cursive


guide doigts écriture cursivePremière sorte de grip doigts, les grip triangulaires. Ils permettent de poser un doigt sur chaque face du grip. Ainsi, le crayon est bien calé, et les doigts ne se touchent pas (en particulier le pouce et l'index). Ils conviennent pour l'écriture cursive des droitiers et gauchers.
 Ces grips sont en plastique rigide. Peu glissants, mais non antidérapants, ils conviennent à la fois pour droitier et pour gauchers. Il en existe deux tailles selon la grosseur du crayon. ( standard grip et standard jumbo grip)



guide doigts écriture cursive

Ce grip-ci ( air grip pencil) est fait sur le même principe que les précédents. Il est en plastique beaucoup plus souple, mais aussi beaucoup plus glissant! Qui plus est, il est relativement difficile à enfiler sur le crayon et ne conviendra que pour un crayon fin.

Pour ces raisons je ne le recommande pas.






guide doigts écriture cursive
Ce grip doigt de type triangulaire (tri-go pencil grip) est en plastique dur et glissant, mais la présence ce trous empêche les doigts de glisser du grip... malheureusement, ça n'empêche pas le grip de glisser de certains crayons! Celui que j'ai en ma possession ne tient pas suffisamment sur un crayon de papier normal, mais il tient sur un stylo bille. Il est à noter que l'emplacement pour le majeur est différent des autres, et que la position du grip n'est pas interchangeable contrairement aux autres modèles triangulaires.




crayon picots écriture cursive
Sachez aussi qu'il existe des crayons de papier triangulaires avec des picots antiglisse vendus sous la marque Faber Castell. Je les utilise au cabinet, et en suis très satisfaite. Attention toutefois, les petits picots anti glisse ne résistent pas aux enfants déterminés à les retirer. Il existe deux modèles, le 2001 et le jumbo grip (plus gros)






guide doigts écriture cursive


Autre modèle, les grips simples ( Comfort grip et ridged Comfort grip). ce sont des petits tubes en mousse qui se glissent sur le crayon. Éventuellement, ils peuvent être un peu anti-dérapants, ou permettre de personnaliser un crayon, mais ceux que j'ai en ma possession ne me semblent pas avoir d'intérêt particulier pour l'écriture cursive. Qui plus est, je pense que la matière dont ils sont faits aura une durée de vie très courte.





guide doigts écriture cursive

On passe ensuite aux grips plus complexes avec des emplacements préformés pour les doigts. Ce modèle-ci (stubbi  grip) est vraiment très petit, très rigide, adapté aux seuls droitiers. Aucune des personnes à qui je l'ai fait tester ne l'a trouvé confortable pour écrire en cursif, car trop petit.








guide doigts écriture cursive
Le grip suivant ( solo pencil grip) est aussi en plastique rigide, mais on sent qu'il a été très réfléchi. Conçu pour convenir aux droitiers comme aux gauchers, il offre deux positions pour l'index: en face du pouce, ou en avant. Il est aussi plus grand que son prédécesseur et plus confortable. Par contre, je trouve qu'il tient mal sur un crayon de papier, et je le trouve un peu trop rigide et glissant. Toutefois, c'est un des modèles que j'ai au cabinet, car il est vraiment très bien pensé et permet une bonne position des doigts, bien adaptée à l'écriture cursive.


guide doigts écriture cursive
À mi chemin entre le grip triangulaire et le grip rigide préformé, se trouvent les grips que j'appelle caoutchouc boule. Ils sont à la fois souples, avec des emplacements pour les doigts, antidérapants ( ou même collants selon l'avis de certaines personnes). Ils existent en deux tailles, toutes deux destinées à être adaptées au même modèle de crayon de papier ou stylo bille. Ils conviennent aux droitiers et aux gauchers. Il faut donc essayer pour choisir celui qui est le plus confortable. ( ultra pen et large ultra pen grip). Le petit modèle est plus adapté à une main d'enfant.


guide doigts écriture cursive
Le grip suivant est identique aux précédents, mais il possède en plus deux ailettes pour empêcher les doigts de se toucher et surtout au pouce d'avancer. Curieusement, toutes les personnes qui ont testé ces trois grip ont soit classés ceux-ci comme leurs préférés ou alors ont eu un mouvement de répulsion à cause de leur toucher collant. Encore une fois, il faut essayer. (Gross guard ultra pencil grip).





guide doigts écriture cursive
Enfin, dernier modèle de grip, (grotto grip) est à la fois rigide et à ailettes. Il convient en général mieux à ceux qui n'aiment pas le toucher caoutchouc des grips précédents. On reproche parfois le fait qu'il soit très volumineux, mais je trouve pour ma part qu'il permet une bonne préhension du crayon sans être désagréable.






guide doigts écriture cursive
Voici une photo avec tous les grip doigts, pour avoir une idée de leurs dimensions respectives.












Pour conclure : si vous tenez à utiliser un guide doigt pour l’apprentissage de la position idéale de l'écriture cursive, essayez plusieurs modèles. L'enfant doit pouvoir choisir celui qui est le plus confortable pour lui. Le modèle simplisme triangulaire est un très bon choix à mon avis. Il ne gênera pas l'enfant timide, permet d'améliorer la tenue du crayon sans imposer une position des doigts trop rigide. Les grips caoutchouc boule sont de très bonne facture également, pour peu que l'on ne soit pas rebuté par leur toucher collant ( je me demande en revanche à quoi ils ressemblent une fois mis dans une trousse contenant des pelures de crayon...).

Mon troisième choix irait vers les Grips à ailettes surtout pour les enfants dont le pouce ne reste pas sur le crayon.  Par contre, ils ne conviendront pas aux enfants timides car ils sont très voyants. Par ailleurs, il est à noter qu'aucun des guides doigts ne permet d'empêcher un enfant de mettre index et majeur sur le crayon. Enfin, ils sont faits en grande majorité pour être portés sur des stylos fins
( papier ou bille), mais pas sur des crayons plus gros. Or, nous déconseillons fortement le stylo à bille pour les enfants apprenant à écrire...

Vous pouvez trouver ces guides doigts sur les sites HOP TOYS ou www.les gauchers.com par exemple (non, je n'ai pas d'actions sur ces sites marchands...). Une simple recherche dans google avec les noms donnés dans cet article vous permettra de trouver votre guide-doigts.

pour aller plus loin :

vendredi 6 juillet 2012

Rééducation de L.M.


L.M est un jeune garçon qui vient juste d'avoir 10 ans lorsque nous nous rencontrons.
Il est en classe de CM1, et son écriture le gène beaucoup : c'est un bon élève pour qui seule l'écriture cursive pose problème.

Volontaire, L a suivi très scrupuleusement mes conseils et les résultats sont apparus très rapidement.

Son enseignante, qui était partie en congé maternité, a eu une belle surprise à son retour !

écriture cursive rééducation

mercredi 13 juin 2012

Un élève autiste dans la classe : ce qu'il faut savoir sur l'écriture des autistes

autisme écriture manuscrite
Aujourd'hui, de plus en plus d'enfants avec un handicap sont scolarisés dans des classes normales.
Si cette tendance est bien sur une très bonne chose, cela ne va pas nécessairement sans difficultés, pour l'enfant comme pour l'enseignant.

Ainsi, les enfants autistes scolarisés dans des classes normales rencontrent des difficultés avec l'écriture. Une étude, publiée dans le journal médical de l'American Academy of Neurology, nous éclaire sur ce qu'il faut savoir des autistes et de l'écriture et nous permet d'envisager l'apprentissage de l'écriture cursive spécifiquement pour les autistes

L'autisme et l'écriture : ce qu'il faut en retenir

L'étude de Neurology porte sur 28 enfants âgés de 8 à 13 ans dont la moitié souffrait de troubles autistiques. Elle révèle que les enfants autistes ont une qualité d'écriture cursive moindre et de plus gros problèmes à reconnaitre les lettres que les enfants non-autistes.

Les participants ont été invités à recopier les mots d'une phrase, en respectant la taille des lettres et en utilisant leur plus belle écriture. Leur production a ensuite été analysée sous cinq aspects différents
-la lisibilité,
-la forme,
-l'alignement,
-la taille
-l'espacement.

L'étude montre que les problèmes rencontrés par les élèves autistes sur concentrent particulièrement sur la forme des lettres et la lisibilité.

Ces travaux suggèrent que les enfants autistes ont besoin de thérapies spécifiques visant à travailler leur habiletés motrices. Ainsi, des thérapies incluant motricité fine et apprentissage de la formation des lettres selon un ordre logique et fonction du sens de rotation pourraient les aider à acquérir une écriture cursive de qualité.

Il faut savoir que la mémoire à court terme d’un enfant autiste est pauvre. Il est donc nécessaire de souvent répéter le même exercice graphomoteur. Les études montrent à ce sujet qu’il faut multiplier par 17 le nombre de répétitions par rapport à un enfant neurotypique. Cela sous-entend donc que l’apprentissage de l’écriture cursive pour ces enfants peut être long.

Par ailleurs, on  ne peut théoriquement parler de dysgraphie pour un enfant diagnostiqué autiste, puisque la dysgraphie est un trouble de l'écriture à l'exclusion de tout trouble neurologique.

Les autistes : pourquoi une rééducation de l'écriture?

La plupart des enfants autistes qui viennent me voir au cabinet de rééducation n’écrivent pas ou écrivent en capitales d’imprimerie : À l'image de Tristan, qui malgré un CP dans une classe normale accompagné d'une Assistante de Vie Scolaire (AVS) pendant les deux derniers trimestres n'écrit qu'en écriture bâtonnée.
La nécessité d’une répétition plus importante des gestes graphique ne lui a pas permis d'accéder à une écriture cursive conforme aux exigences scolaires. La présence d'une AVS arrivée tardivement n'y change pas grand chose : ce qu'il faut à Tristan pour écrire de façon fluide, c'est du temps, et beaucoup beaucoup d'entrainement. C'est d'ailleurs l’une des causes principales de l’abandon de l’apprentissage de l’écriture cursive pour les autistes dans le système scolaire : l’enseignant manque de temps pour y parvenir et baisse les bras.

Il est bon de rappeler que si l'autiste souffre d'un handicap certain, l'intelligence n'est pas pour autant nécessairement diminuée. Au contraire, certains développent même une intelligence supérieure. Il est donc important pour eux de pouvoir écrire seuls et ainsi prendre de l'autonomie par rapport aux apprentissages et à la communication par écrit.

La rééducation de l'écriture : Une méthode adaptée aux autistes

Le rééducateur en écriture peut intervenir favorablement dans le cas des enfants autistes, en travaillant plusieurs aspects de leurs problèmes :

  • Motricité fine pour délier les doigts et tenir correctement le stylo, préalable à toute écriture cursive de qualité.
  • Apprentissage logique hiérarchisé et progressif des lettres et de leur enchainement
  • Nombreuses répétitions du geste graphique afin d’assurer l'ancrage mnésique, qui seront réalisées chaque jour selon une progressions d'exercices donnés à faire à la maison.


À l'école, quelques adaptations indispensables

Si l'on part du principe que l'apprentissage de l'écriture cursive au CP est un passage difficile pour les élèves autistes, autant leur simplifier la tâche.

  • Premièrement, en les autorisant à utiliser un crayon de papier aussi longtemps que nécessaire puisque cet outil est idéal lors de l'apprentissage ( glissé sur le papier, netteté, possibilité de gommer)
  • Deuxièmement, en leur donnant la possibilité d'utiliser un papier ligné adapté : Seyes agrandi ( grand carreaux comme à l'école, mais en plus grand ou lignage agrandi simplifié ( comportant la zone médiane , plus deux lignes montrant ou doivent monter les hampes et descendre les jambages)
  • Troisièmement, en n'exigeant pas d'eux des choses trop complexes trop rapidement au niveau de l'écriture cursive.
  • Quatrièmement, point très important, en n'abandonnant pas prématurément l'écriture avec ces enfants. Si les cours peuvent momentanément ou partiellement être copiés par l'AVS (ou photocopiés en l'absence d'AVS), l'enfant autiste doit être encouragé à écrire, et doit avoir des exercices spécifiques pour lui permettre de progresser à son rythme.

Témoignage

" L'écriture était toujours fastidieuse. Certaines lettres, le g et le k en particulier, étaient fatigantes parce que je n'arrivais pas à me rappeler comment il fallait faire. Je m'entrainais à écrire des lignes et des lignes de g et de k, feuille après feuille, mais leur boucle et leur bras n'étaient pas naturels pour moi et il me fallut beaucoup de temps avant d'être capable de les réaliser avec confiance. J'étais à la traine, incapable d'écrire des mots en reliant les lettres les unes aux autres. Si les lettres étaient déjà difficiles une à une, les combinaisons telles gh et th étaient impossibles à exécuter d'une seule traite. Encore aujourd'hui, j'écris la plupart des lettres d'un mot l'une après l'autre. " 
extrait du livre "Je suis né un jour Bleu" 
 autiste type Asperger


Exemple d'écriture de Pierre, 11 ans, CM1, autiste suivi au cabinet

Pierre est arrivé au cabinet alors qu'il écrivait déjà en cursif, ce qui est remarquable. 
Toutefois, son geste d'écriture est très perturbé sous de nombreux aspects : mauvaise tenue de crayon, mauvais déplacement du bras, tenue de ligne, dimensions des lettres en sont les principaux.

rééducation écriture autisme

 Après 3 séances, et un travail régulier à la maison, les progrès sont timides : la tenue de crayon est enfin bonne au niveau des doigts, qui prennent de la mobilité, mais la main reste encore parfois trop sur la ligne d'écriture. Le déplacement du bras est meilleur également, mais reste encore perturbé.


écriture autisme rééducation
 
Le geste cursif est globalement acquis mais il reste à poursuivre le travail commencé pour ancrer définitivement les acquisitions qui restent encore fluctuantes et un gros travail à faire particulièrement sur les dimensions des lettres.

d'autres articles pouvant vous intéresser :
pour aller plus loin :

Le fonctionnement moteur dans le cas d'autisme.
Rogers S, Beneto L.
Enfance 2002;54(1):63-73.


Atteinte de la motricité dans l'autisme de l'enfant.
Schmitz C, Forssberg H. In: Berthoz A, Andres C, Barthélémy C, Massion J, Rogé B, ed.
L'autisme : De la recherche à la pratique. Paris : Odile Jacob; 2005. p. 227-50.


Children with autism show specific handwriting impairments 
Christina T. Fuentes, Stewart H. Mostofsky, Amy J. Bastian
Neurology vol. 73 no. 19 1532-1537 

Handwriting difficulties in children with autism spectrum disorders: a scoping review.
Kushki A, Chau T, Anagnostou E.
J Autism Dev Disord. 2011 Dec;41(12):1706-16