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samedi 22 juin 2013

Dys : le diagnostic des troubles d'apprentissage selon le DSM-5

Les Nouveaux critères de diagnostiques du DSM5 sont sortis!

dictionnaire éducation crayon cahierLe manuel de diagnostic et statistique des troubles mentaux (acronyme en anglais: DSM) est la norme de classification des troubles utilisés par les professionnels de la santé mentale. En plus de fournir une description détaillée des critères des pathologies, le DSM est aussi un outil nécessaire pour la collecte  de statistiques précises de santé publique. La nouvelle édition communément intitulée DSM-5, est sortie en mai 2013. Faisant l'objet de certaines critiques (il est bien normal qu'un livre qui décrive des critères de pathologies mentales rende fou...), c'est néanmoins une référence pour la plupart des praticiens.

Certains seront étonnés que dans ce site sur la dysgraphie et la rééducation de l'écriture, je fasse référence à un ouvrage de psychiatrie. Bien que décrivant essentiellement des pathologies mentales, le DSM-5 donne aussi une nouvelle définition des troubles de l'apprentissage, qui recouvre les dys : dyslexie, dyscalculie, dysgraphie. Il est important pour les praticiens d'avoir des critères et une vision commune de ce qu'on appelle les troubles d'apprentissage, et le DSM fournit un cadre reconnu internationalement. J'ai en revanche une vision personnelle de la psychiatrisation à outrance des troubles de l'apprentissage qui fera sans doute l'objet d'un prochain billet d'humeur



En attendant voici la liste des nouveaux critères diagnostiques pour les tro
ubles d'apprentissage : 

Pour considérer qu'une personne souffre de trouble d'apprentissages il faut réunir l'ensemble des quatre points suivants :

A) Le patient a ou a eu des difficultés persistantes dans l'acquisition de la lecture, de l'écriture, l'arithmétique, ou les capacités de raisonnement mathématique au cours de la scolarité. Le patient doit présenter au moins un des huit éléments suivants:

1. Une lecture incorrecte, lente ou nécessitant des efforts importants
 
2. Une difficulté à comprendre le sens de ce qui est lu (Il peut lire le texte avec précision mais ne pas comprendre la signification profonde de ce qui est lu)

3. Une mauvaise orthographe (par exemple, il peut ajouter, ou omettre, ou substituer des voyelles ou des consonnes)

4. Une mauvaise expression écrite (le patient fait de nombreuses erreurs  grammaticales ou de ponctuation; l'expression écrite des idées manque de clarté; l'organisation des paragraphes est incorrecte ou son écriture manuscrite est particulièrement illisible )

5.
Difficulté à se souvenir des faits numériques

6. Calculs arithmétiques inexacts ou lents

7. Raisonnement mathématique inefficaces ou inexacts

8. Évitement des activités nécessitant d'écrire, de lire, d’épeler ou de calculer

B) Les compétences actuelles dans un ou plusieurs de ces domaines académiques sont bien en dessous de la moyenne des enfants du même âge (la recommandation est de ne considérer le diagnostic qu'à partir d' 1,5 écarts-types en dessous de la moyenne), en tenant compte de la langue, du sexe, ou du niveau d'éducation
et en se basant sur des tests académiques de lectures, d'écriture ou de calcul, reconnus, standardisés, et adaptés à la culture et à la langue du patient. 

C) Les difficultés d'apprentissage ne sont pas explicables par un trouble du développement intellectuel, par un retard global de développement, par des troubles neurologiques sensoriels (vision, audition), ou par des troubles moteurs. 

D) En l'absence des outils, ou des aides qui permettent à l'individu de compenser ces difficultés, ces troubles interfèrent de manière significative avec la réussite scolaire, la performance au travail ou les activités de la vie quotidienne


Les recommandations proposées pour le diagnostic des troubles spécifiques de l'apprentissage dans le cadre du nouveauDSM-5 suggèrent qu'un diagnostique ne devrait être fait que si le praticien a collecté et cliniquement synthétisé les informations pertinentes sur l'évolution personnelle du patient, son contexte familial, et son contexte scolaire, en incluant les rapports faits par l'équipe éducative, et les conclusions des rééducations.

Pour aller plus loin :

jeudi 20 juin 2013

Léo, 5ème, nous donne des nouvelles

Léo est un bon élève de 5ème pour qui l'écriture posait problème.
Il a donc suivi une rééducation, sur 4 séances étalées entre fin janvier et début avril 2013.
Les progrès avaient été remarquables, nous avions donc arrêté la rééducation lors de la quatrième séance.

Un trimestre après, Léo nous donne des nouvelles. L'écriture dans son cahier de sciences est toujours parfaitement lisible et conforme à ses attentes. Bravo Léo !


mardi 11 juin 2013

La dysgraphie, l'écriture cursive, et le chinois

écriturechinoise pinceauUn article récent de Research in Developmental Disabilities a attiré mon attention. Il s'agit d'un travail de l'université de Taïwan sur la caractérisation des mouvements de la main dans les cas de dysgraphie. Bien entendu l'écriture considérée est l'écriture scolaire en vigueur à Taïwan, à savoir l'écriture cursive chinoise  traditionnelle, qui est particulièrement éloignée en terme de tracé de l'écriture cursive que nous utilisons pour l'alphabet latin.





Ce qui m'a particulièrement interpellée, c'est que les conclusions de nos collègues taïwanais sont très proches de celles que nous avons en France sur l'écriture cursive.

La dysgraphie des enfants taïwanais se caractérise par des interruptions du geste d'écriture pendant les levées de crayons plus longues que pour le groupe témoin, et par des changements accrus de vitesse et de direction dans le tracé.

Full-size image (65 K)
Exemples de mesures du geste d'écriture cursive en chinois (à gauche: un exemple de groupe de contrôle, à droite: un exemple de groupe dysgraphique). Les données comprennent la trajectoire du stylo (en haut), les profils de vitesse (au milieu) et la force axiale exercée sur le stylo (en bas).



Ce sont exactement les mêmes conclusions que celle des équipes du laboratoire d'Albaret, et que celle que j'ai dans la pratique de la rééducation de l'écriture au cabinet. Le contrôle des levées de crayon, et la maîtrise des vitesses et des changements de direction sont cruciaux pour rééduquer l'écriture. Apparemment ces conclusions sont identiques pour la dysgraphie en écriture chinoise comme en écriture cursive française.

écriture cursive analyse vitesse direction
Un exemple de mesures de vitesses similaires sur le tracé de la lettre "a" en écriture cursive


L'article d'origine :
    a Department of Occupational Therapy, I-Shou University, Kaohsiung, Taiwan
    b Department of Physical Therapy, I-Shou University, Kaohsiung, Taiwan

      Traduction du résumé de l'article :

      La Dysgraphie (lorsqu'elle est d'une gravité suffisante pour interférer avec le travail scolaire) a été reconnue comme constituant un trouble spécifique. Caractériser les problèmes du geste d'écriture est une étape nécessaire pour permettre une meilleure intervention thérapeutique. Parmi des enfants âgés de 6 à 8 ans, 69 enfants présentant des caractéristiques dysgraphiques (groupe d'étude) et 69 enfants aux compétences avérées en écriture manuelle (groupe témoin) ont été recrutés dans cette étude. Ils ont passé quatre tests de copie de différents niveaux de complexité qui ont été mesurés à l'aide d'une tablette numérique. Les données acquises consistent en des mesures directes (force de la pointe du stylo) et des paramètres dérivés (vitesse de course, temps de pause, le nombre de pics de vitesse et le ratio entre les temps de levée de crayon et le temps de tracé). La principale conclusion est que les enfants qui présentent des caractéristiques dysgraphiques ont des temps de pause plus élevés et une augmentation du nombre de changements de direction et de vitesse. Des différences significatives ont également été observées à l’intérieur de chaque groupe, en particulier dans le groupe témoin. Les paramètres extraits et observés dans cette étude pourront permettre de différencier et de caractériser les problèmes d'écriture provenant de déficits de la motricité fine.

      Pour aller plus loin :






      vendredi 24 mai 2013

      Journée Internationale de Réflexion autour de l’Écriture de l’Enfant à Bruxelles

      Journée Internationale
      de Réflexion autour de l’Écriture de l’Enfant
      19 octobre 2013
      Institut libre Marie Haps - Bruxelles
      dysgraphie enfant écriture aide

      À l’ère des nouvelles technologies, l’écriture cursive pose toujours problème à de nombreux enfants avec, pour nombre d’entre eux, des conséquences scolaires, psychologiques et sociales. À l’heure des tablettes et du multimédia et face à ces difficultés d’apprentissage, qu’est-ce qu’écrire aujourd’hui ? Comment, en tant que professionnel, aborder les troubles d'écriture et la dysgraphie ? Comment  évaluer et rééduquer, tout en sachant rester à l’écoute de la souffrance de l’enfant que l’écriture comme langage exprime ?

      Avec le soutien de l’Institut libre Marie Haps qui forme les futurs psychomotriciens et logopèdes, orthophonistes à Bruxelles, des intervenants de différents horizons viendront construire des réponses à cette problématique.
      Trace corporelle à la charnière du sensoriel, de la sensori-motricité, de la pensée et de l’affectif, l’écriture cursive convoque des abords pluridisciplinaires, complémentarité des approches que nous souhaitons voir inscrites au fondement de cette rencontre.
      L’écriture est rythme, couleur, geste, mouvement, lien avec l’autre, avec le monde. Des structures associatives et artistiques seront également présentes pour nous inviter à entrer dans l’expérience sensorielle de l’écrit.
      avec :
      • Bernard Rey, professeur en Sciences de l’Éducation.
      • Charlotte Marcilhacy, psychologue clinicienne, Docteur en Psychologie.
      • Tatiana De Barelli, Psychopédagogue et graphologue.
      • Adeline Eloy psychologue de l’éducation 
      • Godeleine Le Grix, graphothérapeute
      • Marie-Lyne Benoît, ergothérapeute
      • Frédérique Bosse-Demirdjian, graphomotricienne.
      • Claude Sternis, psychanalyste.
      • Christian Houegbe, pédo-psychiatre
      • Michel Habib, neurologue   .
       informations : ecritureoct2013@gmail.com,  www.ecrire-aujourdhui.be
       

       

      vendredi 17 mai 2013

      Dysgraphie : les garçons sont ils plus concernés que les filles ?

      dysgraphie et genre
      Les garçons sont-ils plus concernés par la dysgraphie que les filles? 
      Lorsque je regarde les statistiques des consultations au  cabinet, je dois bien admettre que je reçois beaucoup plus de garçons (et d'hommes adultes) que de filles.
      Pourtant, il n'est pas dit que cela reflète réellement la répartition des troubles de l'écriture cursive dans la population. Shaywitz avait proposé en 1990 que  les enseignants signaleraient plus souvent des problèmes d’apprentissage chez les garçons à cause de problèmes de comportement associé. Cela voudrait dire que mes statistiques personnelles pourraient être faussées : Les filles me sont-elles moins adressées parce que leurs difficultés d'écriture cursive ont moins d'impact sur  leur insertion dans la classe? Les filles masquent peut être plus facilement leurs difficultés avec l'écriture. Ou bien les garçons ayant des difficultés avec l'écriture cursive ont plus facilement une attitude d'opposition à l'autorité scolaire qui rendent leurs troubles encore plus visibles?

      On dispose en fait de peu d'études épidémiologiques récentes spécifiques à la dysgraphie.
      En France, la différence des troubles de l'écriture entre garçons et filles est illustrée indirectement par les données des enfants de la cohorte Gazel (2 582 enfants âgés de 4 à 16 ans ; Fombonne et Vermeersch, 1997) : plus de garçons que de filles consultent des spécialistes pour des problèmes de lecture et d’écriture.

      De plus les études épidémiologiques sur les troubles de la lecture vont dans le même sens : 
      Par exemple les recherches de Fergusson, 1996 ; Flannery, 2000 ; Katusic, 2001 ; St Sauver, 2001 ; Liederman , 2005 et  surtout la méta analyse de Rutter , 2004, indiquent que les problèmes de lecture sont de 1,5 à 3 fois plus fréquents chez les garçons que chez les filles. 

      Si la différence de sexe dans l’apprentissage de la lecture et de l'écriture cursive semble avérée par ces études, les causes à la base de cette différence restent à explorer.

       D'autres articles pouvant vous intéresser :

      jeudi 2 mai 2013

      Les outils d'écriture à travers l'histoire


       Depuis 5500 ans, nous laissons des traces écrites. Du calame à la rotative voici un petit résumé historique des outils d'écriture.

      frise histoire écriture

      En parallèle de l'écriture officielle, gravée sur pierre ou imprimée, une écriture cursive manuelle utilisée pour inscrire une trace fluide, rapide et personnalisée a toujours existé.On trouve une écriture cursive dés l'époque égyptienne antique, ou les hiéroglyphes, ont été progressivement été simplifiés en éccriture démotique. De même à coté des lettres capitales de l'alphabet latin, destinées à l'écriture monumentale, les romains utilisaient une écriture cursive romaine dont est dérivé (à travers de nombreuses modifications) notre cursive scolaire moderne.

      cursive romaine
      écriture cursive romaine


      Pour compléter cet historique :
      Pour aller plus loin :

      Pour la classe, ma collègue Celia a transformé cette frise en un jeu pédagogique téléchargeable

        samedi 27 avril 2013

        Ecriture cursive : un exemple d'amélioration rapide de la lisibilité

        Je vous présente cette semaine un résultat de rééducation de l'écriture intéressant, puis qu’entre les deux écritures cursives que voici, moins d'un mois s'est écoulé. A la première séance, l'écriture est peu lisible, à la limite de la dysgraphie. A la seconde séance l'amélioration est nette grâce à quelques exercices simples (mais nécessitant une application régulière entre les séances). Ce cas sans être exceptionnel est assez frappant dans l'amélioration rapide de la lisibilité. Il est à noter que la rééducation est encore en cours:  il reste encore un certain nombre de points à travailler pour améliorer la fluidité. Observez les lettres rondes qui tournent à l'envers  (les "c" en particulier) qui seront la priorité pour la prochaine séance.


        écriture dysgraphique et rééducation


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